T'as déjà eu droit au récit rapide de mon passage traumatisant au collège. Aujourd'hui, c'est au tour de mes années prépa. Mais il est où le lycée, te demandes-tu? On
verra plus tard, peut-être.
Déjà, il faut que tu saches que c'était une prépa littéraire. Dans ma ville, Périgueux. Donc deux ans de plus à s'accrocher aux basques de cette ville. Et deux ans de plus à tourmenter les
pauvres parents qui ne demandaient rien d'autre que de te voir larguer les amarres. Eh bien non. Bon, pour être tout à fait honnête, au début, je me suis lancée là-dedans sans bien savoir où je
mettais les pieds (comme d'hab me diras-tu), et je savais que je ne resterais là qu'une année, histoire de pas tout de suite me spécialiser dans un domaine, et pour pouvoir faire encore un peu de
philo... Ah ah ah le bonne blague! J'allais vite déchanter à ce niveau-là, mais ne sois pas trop impatient, je t'en parlerai un peu plus tard. Bonne nouvelle, je connaissais déjà deux
personnes qui étaient dans ma classe, dont toi, ô Grand Ami.
C'est la rentrée, et déjà, pendant les vacances, t'aurais dû lire 45 bouquins dans 10 matières différentes, mais comme tu réalises pas vraiment dans quoi tu te lances, tu le fais pas. (Pfff!
J'suis large!) Et le jour de la rentrée, t'en prends plein la gueule. D'abord, t'apprends que tu prépares un concours qui s'appelle ENS. Tu le savais pas, parce que tu t'étais inscrite comme ça,
sans y réfléchir. Bon, en même temps, tu percutes que t'es en Classe Préparatoire Aux Grandes Ecoles, et que préparatoire là-dedans, c'est pas pour les mouettes. Après, ton prof "principal" fait
l'appel et là, t'entends frapper à la porte. T'aperçois une femme rousse toute maigre que tu connais - c'est la prof d'Allemand de ton Lycée, aussi prof d'Allemand de prépa, et toi, tu sens que
ça va dégénérer bientôt, parce que tu fais Allemand.
- Pardon d'interrompre la classe, mais je voudrais savoir où sont les Germanistes, si vous pouviez lever la main...
Aïe, j'ai mal au bras.
- Je vous donne le travail à faire pour lundi prochain.
Aïe j'ai mal à la tête.
- C'est juste un version et des exercices de grammaire.
Maman, ze veux pu yalé.
Bon, j'dis ça mais en fait j'adore l'Allemand.
Après, elle s'en va, et ton prof "principal" qui est aussi ton prof d'Histoire te parle. Et tu te dis que t'aurais peut-être mieux fait de les lire ces 45 bouquins...
Le point positif de la journée, c'est l'apéro à la Mairie, en présence du Maire - que tu reconnaîtras en la personne de M. Darcos aheum... Mais là encore, entre deux bouchées de gâteaux apéro et
deux lippées de jus d'Orange InterMarché Marque Repère - ben c'est que la ville est en déficit, faut bien faire des économies quelque part, et pas question de toucher à la paie des élus,
n'est-il pas? - bref, à ce moment-là, on te dit que la prépa, c'est le bagne, blabla, que tu vas plus voir tes amis, blabla, que tu vais oublier le sens du mot "plaisir", blabla...
Glumpfk... Et que fous-je dans ce merdier??
Bon, finalement, je vais pas te raconter en détails toute cette première année, mais ok, c'était pas simple tous les jours, cependant, quand t'as une classe sympa, l'année finit par passer.
Bien sûr, t'as les khôlles tous les mercredis ou pas loin (les oraux en tête à tête avec les profs), et les devoirs de 5h les samedis matins mais tant pis, parce que t'as réussi à pas oublier le
sens de "plaisir". Na. Non mais.
La deuxième année à suivre quand j'en aurai envie.
Ce que vous en dîtes