A la lecture de l'article précédent, tu as dû te demander comment ça se faisait que je te parlais de foot.
Ben, le foot, j'aime ça, moi. Pour tout te dire, j'ai même pratiqué ce sport dans mes jeunes années. Puisque j'avais 6 ans. Environ. Jusqu'à pas loin de 11 ans. Même que j'étais la seule fille de
l'équipe.
Et je peux te dire, que j'en ai vu des choses.
J'ai déjà pu expérimenter la mauvaise foi misogyne du mâle dominant très tôt dans ma vie - et laisse-moi te dire que ça me faisait bien rire quand ils lançaient :
"Lui passe pas la balle, c'est une fille!" d'une voix plus aiguë que la mienne.
"Va muer, après on verra..."
En effet, les remarques perfides venaient en premier lieu de mes propres co-équipiers, qui faisaient preuve d'une rare loyauté. Typique. Oui, je le dis haut et fort, j'ai été victime de
discrimination, venant d'un partenaire en particulier. Cet athlète de 7 ans à l'avenir prometteur n'a jamais envoyé le ballon dans ma direction.
"Je joue pas avec les filles."
" Y'aurait pas une déclaration cachée dans assertion?"
Même si j'avais été seule démarquée juste devant le but et sans gardien, il m'aurait pas fait la passe. Quelle abnégation, quel esprit d'équipe! Mais ça ne lui suffisait pas. Car
non seulement il était con, mais en plus, il était nul. En toute objectivité. Si, si, c'est vrai. Du coup, il était remplaçant. Et moi, j'étais forte. En toute objectivité. Si, si, c'est vrai. Du
coup, j'étais titulaire. Eh bien, il fallait qu'il ouvre son clapet, et scandalisé, il se plaignait de l'entraîneur (mon père, ndlr), qui soit-disant, n'était pas objectif quant à ma
titularisation.
Moi, je veux pas dire, mais c'est quand même autre chose que les histoires entre Domenech et Trézéguet. Et dabord, papa, il m'a jamais avantagée, au contraire, il faisait que m'engueuler. Surtout
quand j'oubliais mes crampons à la maison et que j'étais obligée de jouer le match en baskets.
"Mais qu'est-ce qui m'a fichue un fille pareille?"
"Toi, papa, toi..."
Et aussi, quand les équipes adverses voyaient mes mollets de poulet tout blanc pénétrer frêlement sur le vert de la pelouse - qui était plus souvent marron - elles ne se gênaient pas pour
satiriser sur le fait ô combien prodigieusement drôle qu'il y avait une intruse sur le terrain.
"Ah, ben ceux-là, 'vont pas êt' durs à battre, y'a une nana qui joue! Eh, on va lui tirer dans la poitrine!"
Ah, ah,ah.
Ah.
Mais comme moi, j'avais l'oreille affûtée, je les entendais. Et je me faisais un plaisir complètement égoïste de leur mettre petits ponts, crochets et accélérations dans la vue. Et là où je
jubilais, c'était quand on devait se serrer la main à la fin du match. Comme les pros. Je les regardais bien droit dans leurs petits yeux tout honteux (se faire battre par une fille devant
toute sa famille, ça te la coupe quand même). Ah, ah, ah.
Ah.
Je sais qu'une question te brûle les lèvres. "Mais comment elle faisait dans les vestiaires?"
Alors, déjà, je me mettais en tenue de combat avant de partir de la maison (d'abord la jambe droite, toujours, puis la jambe gauche, toujours), comme ça, pas de changeage embarrassant devant une
horde sauvage de singes imberbes. J'entrais quand même pour le discours de l'entraîneur, qui avait toujours une petite attention pour moi :
"Marion, tiens t'as oublié ta culotte de rechange dans la voiture."
C'était sympa. Après le match, il y avait le retour aux vestiaires, et le moment fatidique de la douche. Eh bien non, je ne leur ai jamais fait le plaisir de prendre ma douche au milieu de ces
primates, j'aurais rien eu à comparer, après tout.
Moments forts de ma carrière olympiquo-internationalo-champcevineloise:
Un jour, un de mes collègues avait oublié son caleçon et moi j'ai planté 3 buts en un seul match.
Un jour, on m'a demandé de représenter le club pour aller à un match de la Coupe du Monde 98 à Toulouse, match Yougoslavie-Pays-Bas, avec match d'ouverture et serrage de main des joueurs. Je peux
te dire que j'étais pas peu fière de serrer la main des Milosevic, Bergkamp, Reiziger. Les connaisseurs me comprendront.
Un jour, j'ai arrêté.
Merci à la Marraine pour sa contribution! 8-)
Cela était mon dernier article avant une retraite forcée de quelques temps.
Adieu l'ami, et à bientôt.
Mais je pense que La Marraine qui me l'a fait appréciera tout de même.
Il me tarde de revenir alors... Merci pour ton commentaire, gentil c'est vrai. T'es sûr que t'es pas malade?^^
le sport est un monde de machos, surtout le foot..en tout cas t'as pas raté ta carrière de dessinatrice! et c'est un specialiste bac -8 du dessin qui te dit ca!
et bien sur tu auras pleins de choses à lire en revenant ;)
Qui a résisté aussi bien à une horde de footeux mysogines ne peut qu'être une guerrière au sens noble du terme. Je connais bien les terrains de foot pour avoir accompagné mon petit-fils aux entraînement et aux matchs très trèstrès souvent et bien, je sais que l'ambiance n'est pas triste parfois.
Bisous et à très bientôt